Des conseils, des remarques, des explications pour aider ceux qui partent à la recherche de leurs ancêtres.
Maurice Gabriel TOMARINSON est né le 4 décembre 1870 à Dobromysli (en russe), petite bourgade à majorité juive (shtetl) de l’ancienne province de Moguilev, alors en Russie. Ses idées révolutionnaires lui valent une condamnation à l’exil sibérien mais il s’enfuit et se réfugie à Londres où, en juin 1890, il passe et réussit un concours d’entrée obligatoire pour intégrer les écoles dentaires anglaises. Mais quelques mois plus tard il quitte l’Angleterre avec une concubine du crû. Il commence sa formation de dentiste dans un pays qu’on ignore.
En avril 1893, il épouse sa concubine anglaise Theresa HEAVEN, à Buenos Aires, en Argentine, où naît aussi son fils Henrique.
Au début de l’année 1895, il reprit le cabinet dentaire du docteur MAYOL dans la ville de Paraná, en Argentine, où il n’exerça que quelques mois, avant de rentrer en Angleterre avec femme et enfant. Il fit paraître une publicité durant cette période.
Publicité publiée dans le quotidien El Entre-Ríos, édition de Paraná, le 2 mars 1895 (Archives de Paraná).
À son arrivée à Londres, il se fit enregistrer auprès du « General Medical Council » pour faire reconnaître ses précédentes années d’étude. En mai 1896, il s’inscrivit à l’université de Médecine de Londres et suivit les cours de l’École de Médecine de l’Hôpital Charing Cross jusqu’en juin 1898. Parallèlement, il travaillait chez les chirurgiens-dentistes Frederick A. CANTON et Alick C. STRAND au 34 Baker Street.
À l’automne 1898, il quitta l’Angleterre avec sa maîtresse française, pour aller s’installer dans la ville belge de Charleroi. C’est dans cette ville qu’en septembre 1899 il réussit à des épreuves orales et pratiques devant un jury de la Commission médicale provinciale afin d’avoir le droit d’exercer légalement le métier de dentiste. Il fit alors rapidement publier des publicités dans la presse locale, se disant « dentiste américain ». Il ouvrit son cabinet au 3 de la rue de Montigny, au cœur de Charleroi. C’est là qu’il exerça jusqu’à l’été 1901.
En mai 1900 naquit de sa concubine française Cécile Barret, une fille nommée également Cécile. En août 1900, il participa au Congrès dentaire international qui se tint à Paris.
Après juillet 1901, s’ensuivent quelques années incertaines, vraisemblablement passées en Russie. En juin 1905, il aurait été diplômé de médecine par l’université de Kharkov. Il passa par Paris en septembre 1905, où il laissa concubine et enfants, avant de s’embarquer pour les États-Unis.
En octobre 1905, c’est à l’Université de Médecine de Philadelphie, département d’odontologie, qu’il s’inscrivit. Justifiant de ses diplômes précédents, il fut directement inscrit en 3e année, mais ne passa pas les examens de fin d’année et rentra en France.
En juillet 1907, il réussit les épreuves du certificat d’études réservées aux futurs étudiants en chirurgie-dentaire, sésame obligatoire pour intégrer les écoles dentaires françaises. Il put ainsi s’inscrire à l’université de Médecine de Paris à la rentrée suivante, et obtint, moyennant finance, de s’inscrire directement en 3e et dernière année, afin de pouvoir passer le diplôme de chirurgien-dentiste. Durant cette année-là, il suivit les cours spécialisés de dentisterie à l’École Odontotechnique de Paris, 5 rue Garancière. Là encore il ne se présenta pas aux examens de fin d’année, alors même qu’il avait été dispensé des épreuves pratiques…
Il n’avait donc pas le diplôme requis pour exercer en tant que chirurgien-dentiste à son compte en France. Et pourtant, si l’on en croit le témoignage d’un ami de l’époque, il exerçait bien le métier de dentiste dans son appartement au 2 de la rue de la Bastille. De plus il aurait, suivant le même témoin, fait paraître des annonces publicitaires dans la presse, mais nous n’avons, jusque là, trouvé aucune trace de ces publicités. S'il exerçait effectivement de façon illégale, il est compréhensible qu'on ne voit aucune publicité extérieur sur le bâtiment.
L'immeuble du n°2 de la rue de la Bastille donnait en partie sur la place Beaumarchais, rue Saint-Antoine.
Il s’installa au 2 de la rue de la Bastille courant 1908 (été ?) et vécut à cette adresse jusqu’en mars 1910. En avril, il quitta Paris pour aller s’installer à Bruxelles.
Rapidement, il se mit en affaire avec le mécanicien-dentiste Oscar BRASSINNE, qui exerçait au 29 rue Théodore Verhaegen à Bruxelles-Saint-Gilles, sous le nom de TOUMARINSON. Des cartes de visite furent imprimées sur lesquelles on peut lire à nouveau « Dentiste Américain » !
En 1911, il quitta la Belgique pour rentrer en Russie, seul : St-Pétersbourg, Moscou et enfin Nijni-Novgorod où il s’installa pour plusieurs années, jusqu’à la Révolution russe. Durant cette période, on sait qu’il chercha à ouvrir une école de formation en chirurgie-dentaire, mais on ignore qu’elle en fut l’issue.
Arrêté en 1917, il est vraisemblablement décédé en 1918 dans cette dernière ville.
Il ne faut pas confondre Maurice Tomarinson avec son frère, Morduch dit Marc TOUMARINSON, chirurgien-dentiste diplômé de la Faculté de Médecine de Paris en 1913 et qui exerça au 135 boulevard de Ménilmontant à Paris, notamment.
Son fils et sa fille devinrent tous deux chirurgien-dentistes.